Rédigé par : Lili Liu
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Ivresse du sommeil : un syndrome du réveil mal connu

L’ivresse du sommeil, de quoi s’agit-il exactement ? Quels types de personnes souffrent de cette parasomnie ? Est-ce dangereux pour la santé ? Quelles sont ses causes et ses conséquences et quels sont les traitements adéquats ? On vous détaille l’essentiel à savoir sur cette parasomnie méconnue.

Syndrome d’elpenor, d’où vient le nom ?

Ivresse du sommeil

L’ivresse du sommeil ou le syndrome d’Elpenor est une maladie rare dont l’origine est inconnue. Pour la petite histoire, le nom du syndrome découle de la mythologie grecque : Elpénor, le camarade d’Ulysse, prit une petite sieste à côté du temple de Circé. Lorsqu’il se réveilla, il tomba de la terrasse et trépassa. 

Benjamin-Joseph Logre a été le premier à trouver des explications à ce syndrome, en 1936. Il rapporte dans un article divulgué dans le journal Le Monde en 1948 le cas de l’ancien président Paul Deschanel.

Ce dernier avait avalé une grande quantité de barbituriques et présentait des symptômes illustrant celui du syndrome d’Elpénor. Les symptômes se présentent comme une fatigue intense avec de petites sessions de somnolence en journée et de nuit. 

De manière générale, le sommeil nocturne est relaxant et apaisant. Mais chez les patients concernés, il peut s’étaler plus de dix heures par nuit avec un réveil extrêmement difficile.  

Ivresse du sommeil : c’est quoi exactement ?

Ivresse du sommeil

L’ivresse du sommeil détient les symptômes d’une connue sous le nom d’hypersomnie idiopathique. Ce type d’hypersomnie se caractérise par une somnolence diurne excessive et des siestes de longue durée. Il s’agit d’un trouble du sommeil qui peut toucher un bon nombre de personnes. 

Les personnes éprouvent des difficultés à se réveiller le matin. Une personne non atteinte par ce trouble arrive à se réveiller en seulement quelques minutes. Tandis que celle atteinte d’ivresse du sommeil ne se lève du lit qu’après une quinzaine ou une trentaine de minutes. Le temps pour émerger peut même durer plus d’une heure.

Ces personnes ne sont pas en mesure de quitter leur lit le matin même quand l’alarme du téléphone sonne. Pour les réveiller, ces sujets ont besoin de l’aide d’une tierce personne qui fait usage de procédés spécifiques comme des secouements vigoureux et répétés, entre autres. 

Lorsque les sujets sont debout, ils mettent longtemps à retrouver leur esprit et sont à la fois confus, désorientés et incapables de réagir sur le coup. S’ils sont seuls dans la chambre, ils se rendorment et n’ont pas le souvenir d’avoir déjà été réveillés une première fois.

L’ivresse du sommeil se traduit par un comportement confusionnel au réveil. Les mouvements des dormeurs sont incontrôlés et ne sont pas coordonnés, notamment pour la marche qui ressemble à une démarche de Charcot. 

Cet éveil confusionnel est un type de parasomnie. Les parasomnies sont une sous-catégorie des troubles du sommeil, au même titre que les dyssomnies.

Quelles sont les causes et les conséquences de l’ivresse du sommeil ?

Ivresse du sommeil causes et conséquences

Causes de l’ivresse du sommeil

Les causes les plus répandues de ce comportement nocturne sont les suivantes :

·  un réveil brutal ou provoqué ;

·  des troubles bipolaires ;

·  l’alcoolisme ;

·  le stress et l’anxiété ;

·  la dépression ;

·  un trouble de la santé mentale ;

·  un stress post-traumatique ;

·  la prise d’antidépresseurs.

Il se peut que des épisodes d’ivresse du sommeil soient constatés chez des personnes qui sont confrontées à un trouble du sommeil qui se rapporte à des perturbations du rythme circadien. Le cas des travailleurs nocturnes en est un bon exemple. 

Les personnes sujettes à la narcolepsie et celles qui souffrent d’hypersomnie idiopathique peuvent aussi avoir des signes d’ivresse du sommeil.

Conséquences de l’ivresse du sommeil

Il est facile de reconnaître l’ivresse du sommeil au vu de ses symptômes :

·  Impossibilité de se réveiller et de se lever.

·  Réduction de la vigilance.

·  Problème sur le plan psychomoteur qui peut entraîner une élocution difficile, des difficultés de compréhension, des actes incohérents, des paroles incompréhensibles, un ralentissement des fonctionnements du cerveau.

·  Manque d’attention et de concentration.

Le sujet présente une amnésie de l’épisode confusionnel.

Ivresse du sommeil traitement

Le traitement peut se faire naturellement ou par la prise de médicaments.

Ivresse du sommeil traitement

Traitement naturel

Il s’agit surtout de changer d’hygiène de vie et ses habitudes de sommeil. Pour en venir à bout, trois règles d’or sont à respecter :

·  Ne pas manger gras le soir et manger tôt : un dîner léger, pris 3 heures avant d’aller au lit, vous permettra de vous endormir facilement. Si vous prenez le repas du soir de manière tardive ou mangez trop gras, des problèmes de digestion apparaîtront et impactent la qualité de votre sommeil.  

·  Se coucher à des heures régulières : afin de profiter d’un sommeil réparateur, le maître mot est régularité. Habituez votre organisme à des heures fixes de sommeil pour dormir comme un bébé.

·  S’éloigner de l’écran avant le coucher : les écrans ne vont pas de pair avec l’ivresse du sommeil. La lumière bleue délivrée par les smartphones empêche la détente et l’endormissement.

Si ces méthodes ne fonctionnent pas, une séance de thérapie cognitivo-comportementale avec un psychothérapeute est de mise. Ce dernier va identifier la cause de l’ivresse du sommeil et traiter le problème en profondeur. Il va corriger les mauvaises habitudes du sommeil.

Traitement avec médicament

À l’instar de la narcolepsie, un traitement médicamenteux peut également intervenir pour soigner les patients. La prise de médicaments ne rétablit pas pour autant la vigilance des malades. Les éveillant comme Modafinil, l’oxybate de sodium ou le méthylphénidate sont les plus populaires. Ces médicaments ne peuvent être prescrits qu’après avoir effectué un bilan médical. 

Ils sont déconseillés en cas d’hypertension artérielle et de troubles du rythme cardiaque. Les effets secondaires les plus rapportés concernent des éruptions cutanées et des états dépressifs.

Il va de soi qu’avant de prendre un médicament, un avis médical est fortement recommandé. Quel que soit le médicament conseillé par le médecin, sa prise ne doit pas s’étaler dans le temps, au risque de développer une certaine dépendance et l’accoutumance aux médicaments.    

Examens du sommeil

Dans certains cas, l’ivresse du sommeil peut cacher des troubles du sommeil. Citons l’insomnie chronique au cours du sommeil paradoxal ou l’apnée du sommeil obstructive. Pour les détecter, il faut passer par un examen dédié au sommeil comme la polysomnographie.

 L’objectif étant d’évaluer la présence des troubles du sommeil et de les quantifier. L’examen est à zéro risque et est complètement indolore. Des électrodes sont placées sur le visage, les jambes, la poitrine, et le cuir chevelu en vue de mesurer l’activité cardiaque, cérébrale, oculaire… Il peut se dérouler à l’hôpital ou avoir lieu à la maison. 

L’échelle d’Epworth peut également être d’une grande aide pour évaluer le niveau de somnolence diurne (au cours de la journée). Dans le cas où celle-ci est élevée, elle pourrait justifier une visite chez le médecin et un diagnostic d’un trouble du sommeil.

Les variantes de l’ivresse du sommeil

L’éveil confusionnel et l’hypersomnie idiopathique en sont les variantes. Ces pathologies empêchent les dormeurs de se réveiller confortablement.

variantes ivresse du sommeil

Éveil confusionnel

Son début est progressif, le sujet est désorienté et il n’arrive pas à se lever de son lit. Il n’est pas agité, mais est soumis à une incompréhension totale de ce qui lui arrive. Il reste assis dans son lit et a du mal à s’exprimer clairement. 

Parfois, les comportements liés à l’éveil confusionnel sont stéréotypés. L’éveil confusionnel est fréquent chez les jeunes enfants de moins de 5 ans. Les adultes, hommes et femmes, n’en sont pas aussi épargnés. Il survient à la fin de la nuit ou à la fin d’un cycle. Il peut provenir d’antécédents familiaux.

Hypersomnie idiopathique

Elle est issue de pathologies psychiatriques comme la dépression ou la bipolarité. Elle peut être présente dès l’adolescence et prendre la forme d’un syndrome de Kleine-Levin. 

Ce dernier se caractérise par des épisodes répétitifs combinés à des troubles comportementaux et cognitifs alimentaires et sexuels. Les symptômes de l’hypersomnie idiopathique peuvent être :

·  Une sensation de mal-être au réveil.

·  Une somnolence diurne qui est plus ou moins permanente.

·  Un sommeil très long qui peut dépasser les 10 heures.

·  Une grande invalidité au réveil.

·  Des difficultés majeures à s’exercer mentalement.

·  Une énorme envie de sieste qui est marquée par une ivresse du sommeil.

Le diagnostic de l’hypersomnie idiopathique passe par l’élimination des autres causes de fatigue au réveil et à une somnolence excessive

Avec l’aide d’un agenda du sommeil et d’un entretien médical, le médecin peut identifier qu’il s’agit d’un syndrome d’insomnie chronique ou d’une hypersomnie d’origine psychologique.

Même s’il s’agit de maladies rares, la recherche menée par les scientifiques s’est révélée fructueuse. Elle a permis de réaliser de nombreux progrès. Il est désormais moins difficile d’identifier précisément la maladie présente et de trouver les traitements les plus adaptés et les plus efficaces.

FAQ – Ivresse du sommeil

Combien de personnes sont touchées par ce symptôme ?

L’ivresse du sommeil est une parasomnie qui toucherait une personne sur sept. Les personnes les plus touchées sont celles qui dorment moins de 6h par nuit et qui n’ont pas une hygiène de vie impeccable. 

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A propos de l'auteur Lili Liu

Rédactrice spécialisée dans la literie et le sommeil depuis des années, je teste et compare pour vous les meilleurs matelas et accessoires de literie. J'ai plaisir à partager avec vous mes découvertes, avis et bon plans.

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