Rédigé par : Lili Liu
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Apnée du sommeil et dépression : liens, traitements et FAQ

Apnée du sommeil et dépression sont malheureusement un couple suffisamment fréquent pour que des recherches scientifiques aient été entreprises sur le sujet. En effet, des études ont montré que les personnes atteintes d’apnée du sommeil avaient un risque accru de développer des troubles de l’humeur tels que la dépression et l’anxiété. Contrairement aux idées reçues, ces troubles du sommeil ne concernent pas particulièrement les hommes obèses. Des femmes qui ne sont pas en surpoids sont aussi touchées dans des proportions non négligeables. 

Il est donc important de comprendre les mécanismes qui sous-tendent cette relation apnée du sommeil et dépression. Cela pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour ces deux maladies. Explications.

Apnée du sommeil et dépression : quel lien ?

Apnée du sommeil et dépression _ quel lien _

L’impact du manque de sommeil sur le cerveau

Les résultats d’une étude sur le lien entre dépression et manque de sommeil ont été publiés dans le journal de l’association médicale américaine (JAMA Psychiatry). Les chercheurs de cette équipe sino-britannique ont pu établir le lien neuronal existant entre la dépression et la carence en sommeil. Ils ont ainsi révélé une interconnexion intense, chez les personnes dépressives et en manque de sommeil, entre différentes régions du cerveau, qui gèrent : 

  • la mémoire à court terme pour l’une (cortex préfrontal) ;
  • la conscience de soi pour l’autre (le précunéus) ;
  • et enfin, les émotions négatives pour le cortex orbitofrontal latéral. 

Grâce aux recherches scientifiques, on sait par ailleurs que la zone de notre cerveau appelée amygdale intervient dans notre gestion des émotions, qu’il s’agisse de la peur, de l’anxiété ou de la tristesse. Or l’hormone du stress, le cortisol, voit son niveau augmenter chez les personnes privées de sommeil. 

Que dit la science ?

Lors d’un essai clinique auprès de patients présentant un trouble dépressif important, avec risque suicidaire, l’équipe de recherche du docteur McCall a découvert que 14% de son panel souffraient d’apnée du sommeil. À l’origine, cette étude excluait pourtant les personnes ayant un profil à risque de syndrome d’apnée. C’est en testant les participants qu’il est apparu que 17 d’entre eux sur 125 présentaient cette maladie du sommeil, sans le savoir et sans le symptôme habituel de somnolence diurne. 

D’autres recherches scientifiques ont montré que les personnes dépressives avaient en fait cinq fois plus de risque de souffrir d’un trouble du sommeil en lien avec des problèmes respiratoires. Quand un médecin diagnostique une dépression, il doit se pencher sur un éventuel trouble du sommeil, comme le syndrome d’apnée obstructive du sommeil

Ce trouble implique l’arrêt de la respiration, pendant quelques secondes, plusieurs dizaines de fois par nuit. Ses conséquences peuvent être lourdes au niveau de la santé globale du patient, comme une hypertension artérielle, une altération des fonctions cognitives. Les arrêts respiratoires entraînent, en effet, des périodes d’hypoxie au cours desquelles le cerveau est mal oxygéné. Les répercussions de ces apnées nocturnes peuvent également être handicapantes au quotidien, personnellement et professionnellement, avec notamment des somnolences diurnes. 

Apnée du sommeil et dépression : traitements et bonnes pratiques 

Apnée du sommeil et dépression _ traitements et bonnes pratiques

1. La thérapie cognitivo-comportementale pour lutter contre la dépression 

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une technique qui aide les individus à modifier leurs croyances et pensées négatives. Elle s’adresse à toute personne qui ressent une souffrance psychologique. Thérapie brève, elle aide les patients à diminuer les symptômes issus des T.O.C. (troubles obsessionnels compulsifs) et des diverses manifestations du stress. Elle apprend à construire des pensées en adéquation avec la réalité. Elle propose une analyse fonctionnelle du problème. Le patient, grâce à une réflexion guidée, trouve des solutions pour réussir à s’en sortir. Il pratique des exercices à son rythme pour améliorer ses comportements. 

Dans le cadre du traitement des troubles du sommeil, l’objectif final est de réduire, voire éradiquer, les insomnies et autres difficultés nocturnes. Ainsi, selon une étude publiée en 2021 dans JAMA Psychiatry, la TCC est efficace pour prévenir la dépression majeure chez les personnes de plus de 60 ans souffrant d’insomnie. Lors de cet essai, un groupe de patients suivait une TCC pour lutter contre ses troubles du sommeil. L’autre groupe recevait une thérapie classique pour les mêmes problèmes. Dans le premier groupe, 12,2% des participants ont malheureusement déclenché une dépression majeure. Dans le second groupe, ce sont 25,9% des patients qui ont été touchés, preuve que la TCC reste plus efficace pour lutter contre la dépression

2. Se libérer des écrans avant de se coucher 

L’extinction des écrans quelques heures avant de dormir est un conseil récurrent pour améliorer la qualité de son sommeil. En effet, la lumière bleue émise par ces écrans (ordinateur, téléphone, tablette ou console de jeux) empêche la sécrétion des hormones favorables au sommeil et particulièrement à l’endormissement (mélatonine). 

3. Mettre en place à un rituel de coucher

Le rituel de coucher est un élément clé pour notre cerveau. Ce dernier, quand il repère la routine du coucher, envoie à notre organisme les signaux nécessaires. Les mécanismes liés au sommeil s’amorcent alors : production des hormones favorisant le sommeil et arrêt de celles liées à la vigilance. Ce rituel intègre le respect d’une heure régulière de coucher (et de lever), en semaine comme en week-end, pour réguler le rythme circadien

4. Choisir une literie adéquate

La literie est un facteur important pour la qualité de notre sommeil. Matelas et sommier doivent être adaptés à notre morphologie et à nos besoins. Le soutien offert par le matelas combiné au sommier est primordial. Le choix de l’oreiller n’est pas à négliger, surtout quand on souffre des cervicales. Ceux à mémoire de forme sont une bonne option. En cas de sensibilité, voire d’allergie aux acariens, la sélection se portera sur des matériaux hypoallergéniques. Pensez également au rembourrage de vos oreillers et de votre couette. Les plumes sont déconseillées en cas d’allergie. Tout comme la laine si vous optez pour une couverture.

FAQ – Apnée du sommeil et dépression

Quels sont les deux types d’apnée du sommeil ?

Il existe en fait deux apnées du sommeil, l’apnée obstructive et l’apnée centrale. 

‣ L’apnée obstructive est causée par une obstruction des voies respiratoires, souvent causée par l’obésité, mais pas uniquement. Les facteurs de risque incluent des antécédents familiaux, des voies respiratoires étroites, une petite mâchoire, une augmentation du volume des amygdales, une circonférence du cou élevée, un âge avancé, la consommation de somnifères et anxiolytiques, d’alcool et de tabac, des maladies comme une insuffisance cardiaque ou du diabète ainsi que la congestion nasale. 

‣ L’apnée centrale, quant à elle, est causée par un manque de signal de rétroaction biologique. Le système respiratoire ne reçoit pas l’information dont il a besoin pour fonctionner correctement. Parmi les facteurs de risque, on retrouve un âge avancé. Un historique de troubles cardiaques, un précédent AVC (accident vasculaire cérébral) et la consommation de stupéfiants en font également partie.

Quels sont les symptômes de l’apnée du sommeil ?

Les symptômes de l’apnée du sommeil incluent :
des ronflements sévères et quotidiens ;
des pauses respiratoires durant le sommeil ; 
des épisodes de respiration haletante ; 
des réveils répétés avec la sensation d’étouffer ;
un sommeil agité avec des micro-réveils, voire des insomnies ;
des cauchemars sur des thèmes d’asphyxie ou de mort imminente ; 
un sommeil non réparateur ; 
un besoin d’uriner plusieurs fois pendant la nuit. 

Les conséquences diurnes se caractérisent par :
de la somnolence excessive en journée ;
une asthénie persistante ; 
des difficultés de concentration et de mémorisation ; 
des troubles de l’humeur ; 
des maux de tête ;
 une pression artérielle élevée, résistante aux traitements ;
des troubles de l’érection ou de la libido.

Est-ce que traiter l’apnée du sommeil peut diminuer les pensées suicidaires ?

Les recherches ont montré que les patients atteints d’apnée du sommeil étaient plus sujets à la dépression. Pour l’apnée du sommeil, la thérapie CPAP (Continuous Positive Airway Pressure), qui consiste à assister la respiration nocturne grâce à une machine, améliore les conséquences de ce trouble du sommeil. Donc, traiter l’apnée du sommeil peut effectivement réduire les risques suicidaires associés à un état dépressif. Le problème est finalement plus lié aux personnes dépressives, souffrant d’une apnée non diagnostiquée. Les recherches ont montré que ces personnes, non traitées pour ce trouble du sommeil, répondaient malheureusement mal aux anti-dépresseurs. Elles peinent donc à soigner leur dépression tant que leurs troubles du sommeil ne sont pas pris en charge médicalement.

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A propos de l'auteur Lili Liu

Rédactrice spécialisée dans la literie et le sommeil depuis des années, je teste et compare pour vous les meilleurs matelas et accessoires de literie. J'ai plaisir à partager avec vous mes découvertes, avis et bon plans.

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